
Alors que toute l’attention se porte actuellement sur la nouvelle taxe sur les plus-values sur actifs financiers, un arrêt récent de la Cour constitutionnelle est l’occasion de rappeler que certaines plus-values immobilières réalisées dans le cadre de la gestion normale d’un patrimoine privé sont déjà imposables en Belgique.
Lorsqu’un immeuble bâti acquis à titre onéreux est revendu dans les 5 ans, la plus-value peut être imposée au taux distinct de 16,5 %.
Pour un terrain, le délai est porté à 8 ans : la plus-value est imposée à 33 % en cas de revente dans les 5 premières années et à 16,5 % entre la 5e et la 8e année.
La donation ne permet pas nécessairement de remettre les compteurs à zéro.
Ainsi, pour un immeuble bâti reçu par donation, la plus-value peut encore être imposable si le donataire revend le bien dans les 3 ans de la donation et dans les 5 ans de l’acquisition à titre onéreux par le donateur. Pour un terrain, cette seconde période est de 8 ans.
À l’inverse, un immeuble recueilli par succession n’entre, par principe, pas dans ces régimes spécifiques : sa revente à bref délai ne suffit donc pas, à elle seule, à déclencher cette taxation.
L’exonération peut notamment jouer lorsque le bien a constitué l’habitation propre du contribuable pendant une période ininterrompue d’au moins 12 mois précédant sa cession.
Mais lorsque la valeur du bâtiment représente moins de 30 % du prix de vente de l’ensemble, l’article 91 du CIR 92 fait basculer l’opération dans le régime applicable aux terrains non bâtis, sans que l’exonération ne joue alors.
Dans son arrêt n° 95/2026 du 10 septembre 2026, la Cour considère que cette différence de traitement ne viole pas les principes constitutionnels d’égalité et de non-discrimination.
Un détail qui peut donc faire toute la différence : une habitation propre peut échapper à l’exonération lorsque, fiscalement, c’est surtout le terrain que l’on vend.