
L’année 2026 s’inscrit dans une continuité claire de la politique fiscale belge en matière de mobilité : affiner les mécanismes existants par des ajustements chiffrés ciblés, tout en renforçant les incitants en faveur de modes de déplacement plus durables.
Sans bouleversement structurel, plusieurs paramètres fiscaux clés sont adaptés, avec des effets concrets pour les employeurs, les travailleurs salariés et les dirigeants d’entreprise bénéficiant d’une voiture de société ou d’alternatives à celle-ci.
Le présent article vise à offrir une lecture rigoureuse, structurée et pédagogique des nouvelles valeurs applicables en 2026, afin de permettre une anticipation éclairée des choix de mobilité.
Le montant minimum de l’avantage de toute nature (ATN) applicable aux voitures de société constitue un plancher légal, indépendamment des caractéristiques du véhicule (type de motorisation, émissions de CO₂ ou valeur catalogue).
Pour l’année de revenus 2026, ce minimum est fixé à 1 690 €, contre 1 650 € en 2025, soit une augmentation de 2,4 %.
En pratique, cela implique que :
Même pour un véhicule particulièrement favorable sur le plan environnemental, l’ATN ne peut jamais être inférieur au seuil légal annuel fixé par le législateur.
Pour les travailleurs salariés utilisant une voiture de société pour leurs déplacements domicile-travail, le régime fiscal prévoit une exonération partielle de l’ATN.
En 2026, les 500 premiers euros de l’ATN afférents à ces trajets sont exonérés d’impôt, contre 490 € en 2025.
Cette exonération est en principe appliquée automatiquement via le précompte professionnel, sans démarche spécifique à accomplir par le travailleur.
Deux précisions méritent toutefois d’être soulignées :
Le mécanisme reste quantitativement limité, mais il vise à atténuer la charge fiscale liée à des déplacements contraints entre le domicile et le lieu de travail.
Le traitement fiscal favorable de la mobilité cyclable est à nouveau confirmé pour 2026.
Le plafond exonéré de l’indemnité kilométrique vélo est porté à 0,37 €/km, avec un plafond annuel de 3 700 €.
Dans ces limites, l’indemnité versée par l’employeur est exonérée tant d’impôt que de cotisations sociales.
Ce régime s’applique :
Cette évolution, certes modérée en valeur absolue, s’inscrit dans une stratégie fiscale cohérente de soutien aux modes de mobilité durables, parallèlement au durcissement progressif du régime applicable aux véhicules motorisés.
Sur le plan fiscal, le vélo demeure l’un des moyens de déplacement les plus avantageux, tant pour l’employeur que pour le travailleur.
Le budget mobilité, qui permet de remplacer une voiture de société par une enveloppe budgétaire affectée à différentes solutions de mobilité, fait également l’objet d’une indexation pour 2026.
Les nouveaux montants sont fixés comme suit :
Ces seuils doivent être intégrés par les employeurs proposant ce dispositif, tant lors de sa mise en place que lors de l’actualisation annuelle des budgets existants.
Il convient de rappeler que :
Le budget mobilité reste un outil structurant, mais son efficacité repose sur une analyse individualisée et une mise en œuvre concrète.
Dispositif | Valeur 2025 | Valeur 2026 | Observation clé |
ATN minimum voiture de société | 1 650 € | 1 690 € | Indexation (+2,4 %) |
Exonération ATN domicile-travail (salariés) | 490 € | 500 € | Application via précompte |
Indemnité vélo exonérée | 0,36 €/km* | 0,37 €/km | Plafond annuel : 3 700 € |
Budget mobilité – minimum | — | 3 233 € | Montant indexé |
Budget mobilité – maximum | — | 17 244 € | Montant indexé |
* Valeur indicative 2025.
À la lumière de ces ajustements, plusieurs actions méritent une attention particulière :
Dans un environnement réglementaire de plus en plus dense, l’anticipation et la cohérence des choix de mobilité constituent des leviers essentiels de sécurité et d’efficacité.
Chez Deg & Partners, nous nous investissons activement pour informer et accompagner nos clients face à ces évolutions, afin de transformer la complexité fiscale en décisions éclairées et maîtrisées.
¹ Art. 38, §1er, al. 1er, 9° CIR 92.
² Loi du 17 mars 2019 relative au budget mobilité, art. 3 à 8.