
La réduction d’impôt pour les dons fait partie, depuis plus de septante ans, des mécanismes fiscaux belges visant à encourager la générosité privée au profit d’organisations d’intérêt général. Ce pilier du financement associatif vient toutefois d’être fragilisé.
À partir de l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025), le taux de réduction d’impôt pour les libéralités est ramené de 45 % à 30 %, avec un effet rétroactif au 1er janvier 2025. Une réforme budgétaire qui soulève des questions tant fiscales que sociétales.
Un contribuable qui effectue un don à une institution agréée peut bénéficier d’une réduction d’impôt, pour autant que certaines conditions soient remplies :
Jusqu’aux revenus 2024, cette réduction s’élevait à 45 % du montant versé.
Depuis l’adoption de la loi portant dispositions diverses de décembre 2025, le taux de réduction est abaissé à 30 %.
Concrètement :
La réforme s’applique à tous les dons effectués depuis le 1er janvier 2025, ce qui signifie que de nombreux contribuables découvriront la diminution de l’avantage fiscal a posteriori, lors de leur déclaration IPP 2026.
Officiellement, la mesure s’inscrit dans une logique de consolidation budgétaire, avec un rendement estimé à environ 40 millions d’euros pour l’État.
Mais plusieurs éléments nourrissent la controverse :
Des amendements parlementaires ont tenté de supprimer cette disposition, en soulignant que la réduction d’impôt ne constitue pas un simple « cadeau fiscal », mais un levier incitatif structurant pour la philanthropie belge.
Les dons représentent une part essentielle du financement de nombreuses ASBL, parfois plus de 50 % de leurs ressources.
Selon plusieurs études et sondages sectoriels :
L’attestation fiscale reste un outil clé, non seulement sur le plan fiscal, mais aussi dans la relation de confiance entre le donateur et l’organisation bénéficiaire.
Pour le particulier, l’enjeu est double :
Même si la motivation altruiste reste centrale, l’avantage fiscal joue clairement un rôle d’amplificateur de générosité, en particulier pour les dons récurrents ou de montants plus élevés.
La réduction de la déductibilité fiscale des dons à 30 % marque une rupture symbolique et pratique dans la politique belge de soutien à la philanthropie.
Si l’objectif budgétaire est assumé, la méthode — et surtout la rétroactivité — interroge sur la cohérence à long terme du cadre fiscal applicable aux libéralités.
Dans un contexte de besoins sociaux croissants et de financement public sous pression, cette réforme risque de déplacer silencieusement la charge vers un secteur associatif déjà fortement sollicité.
Plus que jamais, donateurs, ASBL et conseillers doivent intégrer ce nouveau paramètre dans leurs décisions et leur communication.