
Depuis le 1ᵉʳ janvier, la facturation électronique via le réseau Peppol est devenue obligatoire pour les échanges de factures entre entreprises belges.
Sur le papier, l’objectif est clair : automatisation, traçabilité, lutte contre la fraude et simplification administrative.
Sur le terrain, la réalité est plus contrastée.
Doublons, factures illisibles, documents fantômes, envois non réceptionnés : indépendants, entreprises et comptables font aujourd’hui face à ce que l’on peut qualifier sans excès de maladies de jeunesse de la facturation électronique.
Dans cet article, nous adoptons une approche volontairement pragmatique : identifier les problèmes récurrents et surtout expliquer comment les gérer sans bloquer l’activité ni fragiliser la déductibilité fiscale.
La Belgique fait figure de pays pionnier en matière de facturation électronique. Cette avance a toutefois un revers : nous essuyons les plâtres.
Sur le terrain, plusieurs difficultés reviennent de manière récurrente :
Ces problèmes ne sont pas anecdotiques : ils touchent tant les petites structures que des acteurs bien établis, y compris parmi les éditeurs de logiciels certifiés Peppol.
À retenir
Le problème n’est pas la facture électronique en soi, mais son implémentation encore incomplète et hétérogène.
La réglementation impose que la facture électronique soit émise sous format XML structuré.
Ce format est parfaitement adapté aux traitements automatisés, mais totalement illisible pour un utilisateur humain.
En pratique, une facture Peppol devrait donc :
Or, tous les logiciels ne proposent pas encore cette conversion. Résultat :
Dans notre solution MasteryPro, que nous mettons à la disposition des clients Deg & Partners, nous avons prévu un lecteur XML qui permet de "refabriquer" une facture PDF, lorsque celle-ci est absente.
À retenir
Un XML sans visualisation exploitable bloque le processus de validation et de paiement, même si la facture est juridiquement émise.
Un point essentiel et encore trop peu connu concerne la réception des factures Peppol.
En pratique, la réception peut transiter par deux canaux distincts :
Les deux canaux doivent être correctement ouverts et configurés.
Certains logiciels ou paramétrages n’activent qu’un seul des deux, ce qui entraîne :
À retenir
Une entreprise peut être « inscrite sur Peppol » et malgré tout ne pas recevoir toutes ses factures. A checker le cas échéant, lorsque vous n'utilisez notre solution.
Face aux anomalies, quelques réflexes s’imposent.
4.1. En cas de facture illisible ou invalide
4.2. En cas de doublon
4.3. En cas de facture non reçue
À retenir
La gestion des anomalies fait désormais partie intégrante du processus comptable.
Autre difficulté majeure : l’asymétrie de préparation.
Si environ 75 % des entreprises belges sont enregistrées sur Peppol, toutes ne sont pas opérationnelles de manière complète.
Certaines grandes entreprises :
Cette situation pénalise surtout :
À retenir
La conformité Peppol dépend autant de vos fournisseurs que de votre propre préparation.
Problème constaté | Réflexe recommandé |
XML illisible | Vérifier la conversion PDF du logiciel |
Facture non reçue | Contrôler les deux canaux Peppol |
Doublons | Identifier la facture de référence |
Facture invalide | Demander correction via Peppol |
Fournisseur non prêt | Documenter et sécuriser la déduction |
La facturation électronique est une réforme de fond, utile et inévitable.
Mais comme toute transformation structurelle, elle exige du temps, des ajustements et une vigilance accrue, surtout dans sa phase de lancement.
Chez Deg & Partners, nous accompagnons nos clients au-delà du discours réglementaire, en les aidant à sécuriser leurs pratiques, leur comptabilité et leur droit à déduction, malgré un environnement encore instable.
Parce qu’en matière de digitalisation aussi, l’anticipation reste la meilleure protection.