Un coup por†é à la générosité

Depuis des décennies, la Belgique a fait le choix d’encourager la générosité privée en soutenant fiscalement les dons aux associations. Ce soutien repose sur un principe simple : reconnaître que la solidarité citoyenne est un moteur essentiel du bien commun. Pourtant, le gouvernement fédéral s’apprête à briser cet équilibre fragile en réduisant la réduction d’impôt sur les dons de 45 % à 30 %.

Présentée comme une mesure de simplification fiscale, cette diminution affectera directement plus d’un million de ménages donateurs et fragilisera l’existence de 2.500 associations et fondations. Des structures qui, chaque jour, œuvrent pour la recherche médicale, l’aide aux plus démunis, l’environnement, l’éducation ou encore la culture. En 2023, ces dons représentaient 362 millions d’euros, un chiffre qui a doublé en dix ans. Une telle dynamique est le reflet d’une société engagée, où chacun, à son niveau, contribue à des causes qui dépassent son intérêt personnel.

L’argument budgétaire avancé par l’exécutif peine à convaincre. L’économie attendue, estimée à 40 millions d’euros par an, est dérisoire au regard des milliards que l’État cherche à économiser. Le prix, lui, sera lourd : des associations contraintes de revoir leurs missions, des bénéficiaires privés d’aide et un signal politique déconcertant. Car au-delà des chiffres, cette réforme porte un message préoccupant : la solidarité deviendrait-elle une charge superflue ?

Il est encore temps de revoir cette décision. Réduire le soutien aux dons, c’est affaiblir ce qui fait la force et l’unité d’une nation : sa capacité à se mobiliser pour le bien commun. Plutôt que d’éroder ce levier de solidarité, le gouvernement devrait le consolider. Car une société qui entrave la générosité de ses citoyens prend le risque de voir s’étioler ce qui la rend plus humaine.

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