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Déclaration IPP 2026 et pensionnés: comment remplir correctement votre déclaration?

À la retraite, les obligations fiscales ne disparaissent pas. Heureusement, la fiscalité des pensions reste généralement plus clémente que celle appliquée aux revenus professionnels. Mais l’exercice d’imposition 2026 (revenus 2025) ouvre une période de transition : le gouvernement Arizona poursuit progressivement sa réforme de la fiscalité des pensions et des revenus de remplacement. Voici les points essentiels pour bien déclarer.


Les données de pension sont désormais largement préremplies dans la déclaration en ligne via MyMinfin (Tax-on-web). La fiche 281.11 n’est plus envoyée systématiquement sur papier : seules certaines catégories la reçoivent encore (déclaration papier, pensionné résidant à l’étranger, décès du partenaire, etc.). Elle reste consultable sur mypension.be et dans votre eBox, et une version papier peut être demandée au Service fédéral des Pensions.


Des pensions souvent peu imposées

Grâce à un système de réductions fiscales spécifiques, les pensions légales restent souvent faiblement imposées, voire totalement exonérées dans certains cas. Concrètement, un pensionné qui ne perçoit que sa pension légale belge et dont le revenu net imposable reste limité peut, en combinant la quotité exemptée d’impôt (10.910 € pour les revenus 2025) et les réductions d’impôt pour pensions, n’avoir aucun impôt à payer.

Pour l’exercice 2026, la réduction d’impôt de base pour pensions reste calculée selon l’article 147 CIR, avec un montant maximal indexé de l’ordre de 2.151,72 € et une réduction complémentaire d’environ 444,78 € pour les bénéficiaires exclusifs de revenus de remplacement. Ces réductions diminuent ou disparaissent dès qu’apparaissent d’autres revenus (immobiliers, mobiliers, pensions étrangères, revenus du conjoint) ou que le montant de la pension dépasse certains paliers.


Proposition de déclaration simplifiée : attention aux oublis

De nombreux pensionnés reçoivent une proposition de déclaration simplifiée (PDS). Elle reprend correctement la pension légale belge connue du SPF Finances, mais reste parfois incomplète. Une vigilance particulière s’impose en présence d’une pension étrangère, d’un revenu locatif, d’un compte bancaire à l’étranger, de revenus mobiliers ou d’un capital pension complémentaire. Même préremplie, la déclaration engage le contribuable : une omission peut entraîner un supplément d’impôt, des accroissements ou une amende administrative.


Comment déclarer une pension étrangère ?

Une pension étrangère (France, Luxembourg, Pays-Bas, etc.) doit toujours être déclarée, même si un impôt est déjà retenu à la source. Le SPF Finances propose, via MyMinfin, un module d’aide au calcul et à la conversion des montants, utile notamment pour les pensions payées en devises.

Deux cas se présentent en fonction de la convention préventive de double imposition : soit la Belgique conserve le droit d’imposer — c’est typiquement le cas des pensions françaises du secteur public ou de l’AOW néerlandaise — soit l’État étranger reste compétent ; dans ce dernier cas, la Belgique exonère la pension mais l’utilise pour déterminer le taux d’imposition applicable aux autres revenus belges (exonération avec réserve de progressivité). Gardez les justificatifs (relevés annuels, attestations fiscales étrangères) et vérifiez attentivement le cadre V de votre déclaration.


Quid des pensions complémentaires ?

Un capital pension complémentaire perçu en 2025 doit également être déclaré. Il reste soumis à plusieurs retenues : une cotisation Inami de 3,55 %, une cotisation de solidarité de 0 à 2 % et un précompte professionnel dont le taux varie selon l’âge de départ, la durée de carrière effective et le mode de liquidation. Les informations relatives aux pensions complémentaires sont désormais largement centralisées sur mypension.be, ce qui facilite la vérification des montants déclarés.


Et à partir de 2026 ? Ce que poursuit l’Arizona

Le gouvernement Arizona poursuit progressivement sa réforme de la fiscalité des pensions et des revenus de remplacement. Plusieurs pistes sont à l’étude ou déjà annoncées : une réduction progressive des avantages fiscaux applicables aux pensions les plus élevées ; un durcissement de la fiscalité applicable aux pensions complémentaires importantes ; et un renforcement attendu, dans les prochaines années, de la cotisation de solidarité sur les capitaux de pension complémentaire les plus élevés.

Ces mesures ne touchent pas immédiatement la majorité des pensionnés, mais elles doivent être intégrées dans les réflexions de planification patrimoniale et dans les choix liés à la liquidation des pensions complémentaires. Une vérification attentive de la déclaration 2026 reste, comme toujours, le meilleur moyen d’éviter les mauvaises surprises.


Cette opinion a également été publiée dans le Dossier spécial IPP de La Libre

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