
Mardi, les syndicats donnent de nouveau rendez-vous à Bruxelles pour une nouvelle manifestation nationale. Les revendications restent les mêmes que lors des actions précédentes : des salaires plus élevés, l’annulation des réformes prévues des pensions et des impôts plus élevés, en particulier sur le patrimoine. Ils passent ainsi assez aisément à côté de la réalité de notre économie.
La Belgique figure dans le top 5 des coûts salariaux les plus élevés en Europe. Dans le secteur privé, les coûts salariaux sont 30 % plus élevés que la moyenne de la zone euro, et 10 % plus élevés que la moyenne en Allemagne, en France et aux Pays-Bas. De plus, la combinaison du choc énergétique et de l’indexation automatique des salaires fera en sorte que nos coûts salariaux augmenteront cette année très probablement à nouveau plus rapidement que la moyenne des pays voisins. Selon les dernières prévisions du Bureau du Plan, l’indexation de janvier au début de l’année prochaine s’élèvera à 4 %. Comme la compensation pour la hausse des prix de l’énergie arrive beaucoup plus lentement dans les pays voisins, cela aggravera à nouveau notre handicap en termes de coûts salariaux. Dans ce contexte, revendiquer des augmentations salariales plus fortes occulte l’impact négatif de ces coûts salariaux plus élevés sur notre position concurrentielle.
Comme on le sait depuis longtemps, notre système de pension est sous pression en raison du vieillissement de la population. Cela n’aide évidemment pas que les Belges cessent en moyenne relativement tôt de travailler. Selon les chiffres de l’OCDE, l’âge moyen effectif de départ à la pension en Belgique est de 61,5 ans. Seuls quelques pays méditerranéens (et le Luxembourg) ont un âge moyen plus bas. Dans des pays comme la Suède et les Pays-Bas, il est de 65 ans. La pénalisation prévue sur les pensions est un moyen d’inciter financièrement les gens à travailler effectivement plus longtemps. Tenter de revenir sur cette réforme sans alternative pour maintenir le financement des pensions menace d’accentuer encore la pression sur notre système de pensions.
Pour les syndicats, la solution à tous nos problèmes budgétaires résiderait dans des recettes supplémentaires provenant des taxes sur le patrimoine. Aujourd’hui, les recettes provenant de diverses taxes sur le patrimoine en Belgique sont déjà les plus élevées d’Europe. Nos pouvoirs publics y prélèvent déjà 25 milliards d’euros de recettes fiscales. La proposition des syndicats d’en tirer environ 13 milliards d’euros de plus est, pour le dire doucement, assez irréaliste. Cela ferait grimper les recettes fiscales sur le patrimoine à près de trois fois la moyenne européenne. Il est dangereux de croire que cela pourrait se faire sans dégâts économiques.
Au cours des premiers mois de cette année, notre économie a crû de seulement 0,8 % en rythme annuel. La croissance pour le deuxième trimestre sera très probablement encore plus faible. La confiance des entrepreneurs est, depuis plusieurs mois, à un niveau qui, dans le passé, correspondait à une économie en contraction, la création d’emploi dans le secteur privé est au point mort depuis deux ans et le nombre de faillites atteint des niveaux record. Par ailleurs, l’incertitude reste élevée, ce qui pèse sur l’activité économique. Et comme la Belgique dépend davantage d’énergie fossile importée, notre économie est encore plus vulnérable que la moyenne européenne face à ce type de chocs énergétiques. Mais entre-temps, nous sommes aussi le champion des grèves en Europe. La gravité de la situation économique ne semble pas encore avoir été pleinement comprise partout.
Dans ce contexte économique difficile, le gouvernement fédéral devra bientôt engager un nouvel exercice budgétaire. Selon le Comité de Monitoring, un effort structurel de cinq milliards d’euros est nécessaire pour atteindre l’objectif minimum européen (pour stabiliser notre dette publique croissante, un effort de 16 milliards est en fait requis). Selon les syndicats, cet effort devrait presque entièrement se faire du côté des recettes. Ils passent ainsi à côté du fait que nous avons déjà aujourd’hui parmi les revenus publics les plus élevés. Avec la proposition des syndicats, nous atteindrions effectivement les recettes fiscales les plus élevées d’Europe. Parallèlement, nos dépenses publiques figurent aussi parmi les plus élevées d’Europe, et elles continuent d’augmenter. Dans ce sens, les efforts budgétaires doivent surtout se concentrer sur le volet des dépenses.
Comme lors des actions précédentes au cours de l’année et demie écoulée, les revendications des syndicats restent peu réalistes face à la situation économique actuelle. Ils feraient mieux de réfléchir à comment renforcer structurellement notre économie dans un contexte économique difficile. Cela mènerait à plus long terme à une prospérité plus durable pour tous. Mais cela ne semble pas être au programme mardi.
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