
Deux arrêtés royaux du 18 mai 2026 viennent d’être publiés afin de préciser et d’organiser l’application du nouveau régime de taxation des plus‑values sur actifs financiers institué par la loi du 6 avril 2026. Ces textes détaillent tant les modalités pratiques (précompte mobilier, opt‑out, obligations déclaratives) que les mécanismes de report de paiement de l’« exit tax ». La phase pratique du régime peut désormais débuter, sous réserve du respect des nouvelles obligations pour les contribuables et les intermédiaires.
Les arrêtés se complètent :
Le premier arrêté précise les modalités pratiques selon lesquelles le précompte mobilier peut être imputé ou remboursé. Ces dispositions encadrent notamment les conditions d’exercice des droits des contribuables affectés par le précompte, ainsi que les procédures administratives applicables pour obtenir l’imputation ou le remboursement.
Les contribuables doivent conserver et pouvoir produire des justificatifs lorsqu’ils invoquent, selon le cas :
Ces demandes doivent être formulées dans la déclaration d’impôt des personnes physiques (IPP) et les justificatifs correspondants doivent être tenus à la disposition de l’administration fiscale.
L’arrêté impose des obligations déclaratives renforcées pour les établissements financiers et les assureurs, qui doivent documenter les opérations et rendre compte à l’administration selon les modalités prévues (voir la section relative au reporting ci‑dessous).
Le fonctionnement concret du report de paiement en cas d’exit est détaillé. Les contribuables qui sollicitent le report doivent remettre une attestation annuelle confirmant notamment :
Cette attestation doit être déposée au plus tard à la fin du 14e mois suivant l’exit, puis de nouveau à la fin du 26e mois.
Le second arrêté implémente un mécanisme de retenue à la source optionnelle (« opt‑out ») qui permet, dans certaines hypothèses, d’éviter le préfinancement de l’impôt via le précompte mobilier. L’opt‑out constitue une alternative au prélèvement automatique et repose sur le respect de conditions et de délais précis.
Les modalités diffèrent selon le type de produit :
Toute option exercée après ces moments ne produira effet qu’à compter de la période imposable suivante.
Une disposition transitoire permet, pour la période du 1er janvier au 31 mai 2026, de demander volontairement une retenue équivalente au précompte mobilier (mécanisme qualifié d’« opt‑in »). Il est précisé que l’exercice de cet opt‑in a une conséquence importante : le contribuable qui opte pour cette retenue volontaire ne pourra pas bénéficier du système d’opt‑out pour le reste de l’année 2026.
Les établissements financiers et les assureurs qui appliquent un opt‑out pour un compte ou un contrat sont tenus de transmettre à l’administration une fiche annuelle détaillée avant le 1er mars de l’année suivante pour chaque compte ou contrat concerné. Cette fiche devra comporter notamment :
La phase pratique du régime commence désormais réellement : contribuables, établissements financiers et assureurs doivent se préparer pour assurer la conformité aux nouvelles obligations formelles et aux délais d’option.
Ce jeu d’arrêtés complète la loi du 6 avril 2026 et pose le cadre opérationnel indispensable à l’application du nouveau régime des plus‑values sur actifs financiers. Les acteurs concernés devront intégrer ces nouvelles règles dans leurs processus de conformité, de documentation et de reporting.