
Une exonération de précompte mobilier est prévue sur les dividendes provenant de plus-values sur actions réalisées par une Pricaf privée (art. 106, §9 AR/CIR). Cette exonération procède du souci d'offrir à l'investisseur "des perspectives d'un traitement fiscal neutre par rapport à un investissement direct" (Exposé des motifs de la loi du 22 avril 2003).
Cette exonération a-t-elle encore une raison d'être, dès lors que les plus-values sur actions réalisées en direct par des investisseurs particuliers vont être taxées à 10% (nouvel article 90, al. 1, 9°, c du CIR, en projet)?
En Commission des Finances, le ministre des Finances a été interpellé à ce sujet par les députés Van Besien et Van Quickenborne, mais n'a pas répondu clairement à la question.
Comme je l'ai indiqué à Jef Poortmans dans le Trends, le projet de loi concernant la taxe sur les actifs financiers ne prévoit pas de toucher à cette exonération (voir à ce sujet les versions FR et NL ?). Les pricaf devraient donc continuer à pouvoir distribuer leurs plus-values à 0%.
A mon avis, cette exonération est difficilement tenable sur le plan politique. Il est probable qu'elle passera à la trappe "en échange de" l'assouplissement réglementaire prévu dans l'accord gouvernemental (pour plus d'infos à ce sujet, mon post précédent
L'abrogation de cette exonération devrait surtout avoir un impact pour les pricaf privées investissant directement dans des sociétés non cotées (impact sur les distributions des plus-values réalisées par la pricaf).