Il y a quelques mois, le débat autour d’une éventuelle grève des experts-comptables belges avait pris une tournure aussi passionnée que clivante.
D’un côté, une indignation profonde s’était exprimée — celle de professionnels engagés, mis à rude épreuve par des réformes successives, un manque de concertation, une surcharge croissante… et des systèmes digitaux de l’administration fiscale défaillants, véritables sources de stress et d’inefficacité.
De l’autre, des voix institutionnelles, empreintes de prudence, mettaient en garde contre les conséquences d’un tel mouvement : pour nos clients, pour notre réputation, pour la stabilité de la profession, mais aussi pour nos relations et notre concertation avec le Ministre et son administration.
Aujourd’hui, alors que les esprits se sont quelque peu apaisés, et qu’un souffle nouveau accompagne le début du mandat de notre confrère Emmanuel Degrève à la présidence de l’Ordre, le temps est venu de poser un regard lucide et responsable sur ce moment de tension.
Et surtout, d’en tirer les leçons, pour construire un futur professionnel plus serein, plus solidaire, plus humain.
Je plaide donc pour que s’ouvre au sein de notre profession un espace pérenne de concertation bienveillante, ambitieuse et sans tabou.
Non, nous ne sommes pas de simples techniciens du chiffre, ni de froids conseillers fiscaux.
Nous sommes des architectes de confiance, des médiateurs économiques, des passeurs d’équilibre.
Et à ce titre, notre responsabilité est grande : continuer à montrer la voie, même lorsque les vents sont contraires.
"Quand le vent se lève, certains construisent des murs… d’autres élèvent des moulins." — Proverbe chinois