Chômage: fin des allocations après deux ans, une opportunité pour les PME

Après des années de discussions, c’est enfin le moment : le chômage sera limité dans le temps. Cela devrait générer une nouvelle dynamique sur le marché du travail, permettant aux PME d’accéder plus facilement à la main-d’œuvre. Ou pas ?

L’accord gouvernemental fédéral prévoit une limitation dans le temps du chômage.

L’allocation de chômage expire après deux ans. L’idée sous-jacente est que ces personnes retournent au travail. Mais plus important encore : ceux qui sont au chômage depuis peu savent que le chômage de longue durée appartient désormais au passé. Par conséquent, les chômeurs seront plus motivés à retrouver un emploi rapidement. Et cela peut constituer une opportunité pour les PME.

En France, le chômage est limité à deux ans. Beaucoup trouvent un emploi entre le 18e et le 24e mois. Lorsque la Suède a réduit la durée de 90 à 60 semaines pour les plus de 55 ans, l’emploi de ce groupe a immédiatement augmenté de 10 %. Et lorsque la Slovénie a limité le chômage de douze à six mois, l’emploi a augmenté de 19 % pour les hommes et de 31 % pour les femmes. Conclusion : lorsque les gens ressentent la pression de la fin des allocations de chômage, une dynamique nouvelle s’installe sur le marché du travail.

Le vivier de personnes à employer s’élève à 295 000, dont 105 000 en Flandre, 125 000 en Wallonie et 60 000 à Bruxelles. Pour activer ces personnes, le VDAB, Actiris et Forem disposent ensemble de 10 500 personnes (!). Il y a donc un accompagnateur pour 30 chômeurs. Cela devrait être plus que suffisant. Leur rôle est d’accompagner les personnes vers le marché du travail et de sanctionner également les personnes réfractaires au travail.

“Déjà 40 000 personnes dans notre pays sont au chômage depuis plus de huit ans. Il s’agira d’une tâche immense pour pousser ces personnes vers le marché du travail.”

Certes, lorsqu’on est au chômage depuis très longtemps, on n’a plus beaucoup envie de se lever tôt. Pas moins de 60 % des chômeurs à Bruxelles le sont depuis plus de deux ans. En Flandre, le pourcentage est le même, mais ils ne représentent « que » un tiers du nombre total de chômeurs. En Wallonie, 45 % des chômeurs le sont depuis plus de deux ans. Au total, 135 000 personnes en Belgique sont donc au chômage depuis plus de deux ans. Déjà 40 000 personnes dans notre pays sont au chômage depuis plus de huit ans, réparties à peu près également entre les trois régions en chiffres absolus. Il s’agira d’une tâche immense pour pousser ces personnes vers le marché du travail.

Les sanctions restent nécessaires

Outre l’accompagnement, la formation et l’orientation, les personnes non aptes au travail devront être soutenues. Mais il s’agit de politique sociale et ces personnes n’ont en réalité pas leur place dans les statistiques du chômage. Les personnes aptes au travail qui refusent de travailler seront toutefois sanctionnées, le cas échéant, et perdront leur allocation de chômage, temporairement ou non. En Flandre, un chômeur sur dix est sanctionné, en Wallonie un sur cinquante. C’est là que le bât blesse pour motiver les Wallons à pourvoir les postes vacants en Flandre. La limitation du chômage dans le temps doit donc s’accompagner d’un renforcement de l’accompagnement, du contrôle et des sanctions. Ce n’est qu’alors que les 170 000 postes vacants en Belgique pourront être pourvus et que les PME pourront à nouveau croître. Le principal obstacle à une croissance plus forte pour de nombreuses PME est en effet le recrutement du personnel adéquat.

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