
Alors que l’administration fiscale combat depuis longtemps ce mécanisme, un jugement récent du Tribunal de première instance de Hasselt (12 février 2026, affaire n° 25/1842/A) vient relancer un débat particulièrement sensible.
L’enjeu est loin d’être anecdotique : pour certains véhicules thermiques premium, l’ATN peut représenter des dizaines de milliers d'euros par an. Dans ce contexte, la décision rendue concernant une Audi RS6 pourrait bien redonner de l’intérêt à une structure que beaucoup considéraient comme devenue difficilement défendable.
Dans cette affaire, un dirigeant avait mis en place une structure reposant sur une répartition du leasing :
> 80% du coût du leasing était pris en charge par la société pour l’usage professionnel ;
> 20% était supporté personnellement pour l’usage privé ;
> l’usage privé était justifié au moyen d’un carnet de bord.
L’administration fiscale estimait néanmoins que les règles classiques relatives à l’avantage de toute nature (ATN) devaient s’appliquer. Selon elle, la participation personnelle du dirigeant constituait uniquement une contribution venant réduire l’ATN forfaitaire.
Il a considéré qu’il n’y avait pas de mise à disposition gratuite du véhicule pour l’usage privé, dès lors que le dirigeant avait conclu un contrat de leasing distinct pour cette utilisation et en assumait personnellement le coût.
Conséquence : aucun ATN n'a été retenu pour l’Audi RS6 concernée.
La prudence reste toutefois de mise
* il s’agit d’un jugement isolé de première instance ;
* la position de l’administration demeure défavorable à cette approche ;
* le dossier reposait sur une documentation particulièrement robuste (double contrat, répartition économique réelle et carnet de bord).
Pour les dirigeants, le message est clair : le Spit Lease pourrait redevenir une piste pertinente pour réduire la charge fiscale liée à certains véhicules, mais uniquement si la structure reflète une réalité économique incontestable et est rigoureusement documentée.