
La suppression de l’obligation de fournir un certificat médical pour une absence d’un jour a entraîné une hausse nette de ces absences dans les entreprises belges d’au moins 50 travailleurs. Selon une analyse d’impact de Securex, cette augmentation n’a toutefois pas été compensée par une diminution des absences de deux à cinq jours.
Depuis l’entrée en vigueur de la nouvelle législation fin novembre 2022, les travailleurs des entreprises comptant au moins 50 travailleurs pouvaient prendre jusqu’à trois jours d’absence pour maladie par an sans certificat médical, à raison d’un jour à la fois. Depuis le 1er janvier 2026, cette limite a été ramenée à deux jours par an.
Securex a comparé l’évolution des absences dans les entreprises de 5 à 49 travailleurs et dans celles de 50 à 499 travailleurs. Dans les petites entreprises, le nombre moyen d’absences pour maladie d’un jour par travailleur est passé de 0,17 en 2021 à 0,25 en 2024. Dans les grandes entreprises, il est passé de 0,22 à 0,42 sur la même période.
La suppression du certificat médical a entraîné une augmentation de 54 % des absences pour maladie d’un jour.
Selon l’étude, cet écart correspond à une absence supplémentaire pour huit travailleurs. Les deux groupes d’entreprises ayant suivi une tendance similaire avant l’introduction de la mesure, les chercheurs attribuent cette différence au changement de politique.
L’augmentation des absences pour maladie d’un jour ne s’est pas accompagnée d’une diminution des absences pour maladie de plusieurs jours. Pour les absences de deux, trois, quatre ou cinq jours, aucune baisse statistiquement significative n’a été constatée après la suppression de l’obligation de certificat médical.
Le taux global d’absentéisme de courte durée, couvrant les absences jusqu’à un mois et la période couverte par le salaire garanti, n’a pas non plus connu de variation statistiquement significative.
L’assouplissement du certificat médical a manifestement facilité le recours aux absences pour maladie d’un jour. Cependant, nous ne constatons aucun signe indiquant que cela entraîne une diminution des absences pour maladie de deux à cinq jours.
Rien n’indique que la mesure entraîne davantage de coûts salariaux directs liés aux jours de maladie. Securex relève toutefois une charge administrative accrue et un impact organisationnel potentiellement plus marqué en raison des déclarations supplémentaires d’absences d’un jour.
Les horaires doivent être adaptés plus rapidement et des remplacements doivent être trouvés. Cette situation peut accroître la charge de travail des collègues et leur risque d’absence.
L’augmentation des absences pour maladie d’un jour n’est pas nécessairement synonyme d’abus. Elle peut aussi indiquer que les travailleurs s’accordent plus rapidement le temps nécessaire pour récupérer, plutôt que de continuer à travailler malgré la maladie.
L’analyse ne permet pas de conclure que la suppression du certificat médical exerce une influence positive sur l’absentéisme global. Securex estime néanmoins qu’un jour de récupération occasionnel pourrait contribuer, à plus long terme, à prévenir des absences de longue durée.
L’impact de la mesure est plus marqué chez les ouvriers que chez les employés. Les ouvriers disposent généralement de moins de possibilités de récupération en raison d’une flexibilité plus limitée en matière de jours de congé, d’horaires de travail et de lieu de travail.
Une approche durable de l’absentéisme nécessite une politique intégrée qui agit avant, pendant et après une absence. Elle doit prendre en compte non seulement le travailleur, mais aussi l’équipe, le responsable et l’organisation du travail.
Les principaux leviers de prévention concernent notamment la charge de travail, l’autonomie, le leadership et le dialogue. Securex conseille ainsi aux employeurs de ne pas considérer les absences uniquement sous l’angle du contrôle, mais d’y voir une occasion d’engager un dialogue ouvert sur la collaboration et la prévention des absences de courte durée.
L’étude s’appuie sur des données anonymisées relatives aux déclarations de maladie auprès d’employeurs belges du secteur privé pour la période 2021-2024. Ces données ont été traitées au niveau de l’entreprise, sans accès aux données individuelles des travailleurs.
En 2021, l’échantillon comprenait plus de 24 000 employeurs, dont 16 000 ont été suivis pendant les quatre années. Les entreprises de moins de cinq travailleurs et celles comptant 500 travailleurs ou plus ont été exclues, leurs tendances différant trop de celles des autres groupes pour permettre une comparaison fiable.
Les employeurs comptant moins de 50 travailleurs peuvent prévoir, dans leur règlement de travail ou dans une convention collective d’entreprise, que le certificat médical reste obligatoire pour une absence d’un jour. Securex ne dispose toutefois d’aucune information permettant de déterminer quels employeurs ont utilisé cette possibilité.