L'Europe face à la grande confrontation: une dépendance mortelle !
Temps de lecture: 2 min | 07 janv. 2026 à 05:05
Bruno Colmant
Professeur, Membre de l'Académie Royale
Dans quelques mois, le scénario le plus sombre pourrait se concrétiser : nous risquons de nous retrouver asservis, pris en étau entre des puissances qui semblent désormais complices.
Soyons lucides : depuis une dizaine d'années, une forme de complicité discrète s’est installée entre la Russie et les États-Unis.
Nous avons été distraits par l’invasion russe de l’Ukraine, à laquelle l’Europe est restée, et demeure, incapable d'apporter une réponse à la hauteur.
Pendant ce temps, Donald Trump pourrait s’emparer du Groenland, mettant alors deux alliés de l’OTAN en confrontation directe, et nous, Européens, serons impuissants.
Ce n'est pas sans précédent : nous n’avons rien fait à Munich en septembre 1938 lors de l’invasion de la Tchécoslovaquie, nous n’avons rien fait en septembre 1939 lorsque la Pologne avait besoin de notre assistance, et nous ne ferons rien en 2026.
L'histoire nous montre que notre inaction passée se répète, avec des conséquences toujours plus désastreuses.
Nous serons terrorisés, et à juste titre : car s’opposer aux États-Unis, qui contrôlent tous nos outils informatiques, c’est un danger de disruption dont personne ne mesure l’ampleur réelle. Une telle dépendance nous rend fondamentalement vulnérables.
Finalement, l’histoire nous rappellera cruellement que nous avons toujours été forts avec les faibles et faibles avec les forts.
C’était facile de coloniser le monde, mais il est infiniment moins aisé de s’affranchir d’un système de vassalisation informatique et militaire aussi profond et subtil.
Et, un jour, dans un futur peut-être lointain mais inéluctable, cette guerre russe, et cette pression américaine, nous feront nous retourner contre nous-mêmes, Européens.
Hé oui, ce fut déjà le cas en 1870, 1914 et 1940. Nous le savons bien : tout n’est souvent que délais et répits avant que l'inévitable ne s'impose.